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Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit

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Aelkim
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MessageSujet: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Mer 22 Mar - 12:13

A confirmer.
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Aelkim
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Mer 22 Mar - 21:16

Y a-t-il une personne neutre se dévouant pour faire le compte rendu?
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Apollodore
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Mer 22 Mar - 21:37

Aelkim a écrit:
Y a-t-il une personne neutre se dévouant pour faire le compte rendu?

Je peux faire celui de la première heure, de mémoire, si vous voulez, mais je suis parti ensuite, donc… faudra compléter…
Voilà:
Débat avec des responsables des Jeunes Populaires (Amphi 600, Fac de Droit).
A la tribune : 3 représentants des Jeunes Populaires (oublié tous les prénoms), 1 modérateur non-syndiqué, 3 représentants du mouvement Segalen (2 UNEF, 1 non-syndiqué)
Dans la salle : 150-200 ( ?) personnes, majoritairement Segalen apparemment, mais aussi des étudiants de Droit et des « sympathisants » UMP et/ou CPE.
Propos introductifs de deux membres de la tribune :
1. Mélanie (Segalen) : fait un rapport assez détaillé sur les raisons d’être de la mobilisation, le succès des manifestations, l’étendue des revendications, en insistant sur le CPE, le manque de concertation de la part du gouvernement, etc.
2. Guillaume (JP) : fait plus brièvement un point sur les raisons d’être du CPE, le fait que selon lui le Gouvernement a fait preuve d’un grand sens des responsabilités vis-à-vis du problème du chomage des jeunes, s’attache à montrer que le CPE ne met pas en cause le droit du travail, et remarque aussi (à moins que ce soit pendant le débat), en citant positivement B. Thibault (sic !) qu’il est important qu’il y ait, sur le modèle allemand, des syndicats plus forts, capables d’entrer dans de véritables concertations, en regrettant qu’à l’heure actuelle ce soit « les syndicats qui imposent leurs vues aux salariés, alors que ce devrait être le contraire ». Il évoque aussi la situation de mai 68, par un habile contre-pied (les manifestations ont débouché sur « le meilleur score jamais obtenu par la droite aux élections de juin ») et affirme qu’il appartient à l’UMP de représenter la « majorité silencieuse », dont il est impossible de connaître l’opinion par des sondages.

S’ensuit un débat avec tour de parole. Comme je ne suis pas resté et que je n’ai pas enregistré le débat, je vous livre simplement ce que j’ai retenu, et pas forcément dans l’ordre. Désolé parfois pour les absences de prénoms (j’ai retenu ceux des gens que je connaissais déjà). De manière générale, la première heure a vu un ping-pong avec 2 interv’ « Segalen » et réponse à suivre des JP, les membres « Segalen » de la tribune étant assez largement en chomage technique…
— Interv de Mickael (Aelkim en verlan…, Segalen) : très développée, appuyée sur de nombreuses références incisives, il insiste beaucoup sur le rapport au droit du travail (absence de motif de licenciement et OIT ; travail de nuit des enfants, etc) et sur la procédure qui a vu la LEC être votée (absence de concertation, 49.3). Il propose aussi un très simple calcul pour contredire le chiffre selon lequel il y aurait 22% des jeunes au chômage (si j’ai bien compris, 22% de tous les jeunes français, ça ferait 1,8 million).
— Interv d’un homme qui n’est pas concerné en lui-même, mais pour ses enfants (1 en CDI, 1 en CDD, 1 en lycée pro) : il insiste sur le paradoxe qu’il y a à mettre en place un contrat apparemment plus « généreux » en matière de droit au chomage, alors que le budget de l’Etat semble exangue, de l’aveu même du gouvernement, et se demande « qui va payer » les 2 mois d’indemnité qu’il y a d’écart entre le CPE et les contrats existants (cotisations salariales, patronales, Etat ?). Il insiste aussi sur le fait que le problème du chômage en banlieues est lié à la discrimination et ne voit pas en quoi celle-ci disparaîtra avec le CPE. Il termine enfin en évoquant le risque que le CPE, le CNE ou autres (Contrat de travail unique ?) remplacent les contrats actuels.
— Réponse des JP de la tribune : sur le droit du travail, ils insistent sur le fait que le CPE ne relève pas du droit commun, mais constitue une nouvelle matière, dont il appartiendra aux tribunaux compétents de formuler la jurisprudence, que ce soit pour le motif du licenciement ou pour toutes les autres dispositions liées au CPE ou à la LEC. Par ailleurs, il revient sur le 49.3 en rejetant la faute sur l’obstruction parlementaire du PS (49h de débat, rappels au réglements nombreux), et invitant à voir dans l’usage du 49.3 la manifestation d’un « sens des responsabilités » de la part du gouvernement, compte tenu de l’urgence de la situation de l’emploi. Il termine en évoquant l’espoir que le CPE soit un nouveau type de contrat qui complète le dispositif (avec bilan dans 6 mois) et non de remplacer les contrats existants (CDI, CDD), parce qu’il correspond à un besoin spécifique : des entreprises hésitent à embaucher en CDI, parce qu’au moindre souci de crise économique dans le secteur en question, la lourdeur de la procédure classique de licenciement mettrait en péril la santé de l’entreprise en général. De façon plus générale, en réponse à la mention du libéralisme et du capitalisme, il insiste sur la nécessité de penser en historien les deux grands courants de pensée économique du 19ème-20ème, celui de Marx et Hegel (sic ! ça m’a énervé, ferai un post) en conseillant de les lire (bonne idée, à condition de ne pas se tromper dans le nom des auteurs…), et celui plus libéral, appuyé sur les lois du marché.
— Interv de Chloé (Ségalen ?) : en deux points. D’abord, sur mai 68, il ne faut pas oublier que le tout a quand même abouti au départ du Gal de Gaulle, suite à l’échec du référendum d’avril 69 (la tribune JP demande alors « qui a été élu à la suite de De Gaulle ? »). Ensuite, sur les différents types de contrat, pourquoi faudrait-il un « contrat pour les vieux », un « contrat pour les jeunes », alors que précisément le gouvernement a récemment (sur le problème des retraites) « vendu l’idée » d’une « solidarité entre générations ». N’esst-ce pas contradictoire que de saucissonner le droit du travail, tout en appelant à cette solidarité ?
— Re-interv’ assez longue de Mickael, que j’ai dü mélanger avec la précédente (l’intéressé corrigera). Point essentiel : la relation entre le taux de chômage en France et celui qu’on trouve en UK ou aux USA (plus bas) mais qui fabrique des « working poor », des travailleurs pauvres, souvent astreints à cumuler en même temps 2 ou 3 emplois précaires à temps partiel.
— Réponse des JP : sur le « saucissonnage » démographique des contrats de travail, c’est le gvt de 84 (NDLR : Gvt Fabius, création des TUC) qui a institué des différences entre les âges face à l’emploi et aux contrats de travail. Le point important, c’est que l’égalité juridique risque de déboucher sur des inégalités de fait, puisque les situations des différentes catégories impliquent des solutions différentes, adaptées. Sur les working poor, « on est en France, on ne va pas emprunter un modèle aux pays que vous citez ». Pourtant, il sera ensuite question de l’Inde, de la Chine, etc, afin de montrer que le niveau de vie moyen en France baisse relativement à celui de ces pays. Ils insistent sur le caractère « raisonnable » du Gvt et de ses mesures, face à une opposition « idéologique » au CPE.
— Interv de Maëlle (Segalen) : sur les pays émergents, et le fait en particulier que la Chine compte 800 M de pauvres
— Réponse à la Tribune (D. Dubras), qui élargit la réflexion en disant qu’on « n’est pas là pour parler de Marx », mais d’essayer de dépasser le débat droite-gauche pour s’occuper précisément de la LEC, de la situation du travail, etc, sachant que cette loi a été marquée par un grand manque de concertation et si j’ai bien compris, l’existence de visées électoralistes de la part du Premier Ministre, chaque gvt manquant de courage en guettant prudemment l’élection suivante.
— Interv. (Socio, Ségalen) : la « majorité silencieuse » peut être sondée, et il paraît difficile de s’en prétendre le seul porte-parole, comme le fait l’UMP
— Interv de la tribune (JP), suite à une interv de salle sur l’éducation, qui est au centre du problème : il n’y a eu aucune réforme de l’éducation en France depuis 20 ans, suite à l’inertie des fonctionnaires de l’Education Nationale et à l’électoralisme de L. Jospin qui a préféré enterrer la réforme de grande ampleur de C. Allègre pour ne pas s’aliéner son propre électorat. Le Premier Ministe au contraire montre de toute évidence qu’il n’a pas de visées présidentielles, puisqu’il ne cède pas à la rue, ce qui lui serait plus utile s’il cherchait à se faire élire en 2007.
— Interv de la Tribune (Jean-Phi, UNEF Ségalen) : pourquoi, si la majorité silencieuse ne peut être sondée, alors pourquoi le Gvt n’organise-t-il pas un référendum ?
— Interv de Rebecca (Segalen) : il faut élargir le débat à tous les contrats de travail (les habituels plus les chèques emploi-service, sur laquelle elle décompte des déductions de cotisation que l’intervenant précédent (celui qui parlait pour ses enfants) manifeste son désaccord), insiste sur la différence entre la bonne entente des patrons de tous pays (délocalisations) opposée à la concurrence entre les travailleurs de ces différents pays et conclut sur la « démocratie bourgeoise ».

C’est à peu près là que je suis parti…
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Apollodore
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Mer 22 Mar - 23:16

Bon, maintenant, je commente. Pour ce que j'en ai entendu, le débat était de bonne qualité, mais assez convenu, chacun jouant un peu son rôle, et aussi parce que les questions de l'assistance s'adressaient toutes aux JP.
Sur le fond, deux-trois remarques critiques, histoire de me faire de nouveaux amis ou de lancer des débats:
— La tendance à s'arroger la "majorité silencieuse", le "sens des responsabilités" et la "raison". Des mots tout ça, sans réelle fondement autre que rhétorique (ça, c'est pour les Jeunes Pop').
— L'argument faussement intéressant du référendum. Je veux bien qu'on essaie de mettre le gvt dans la panade (c'est de bonne guerre) mais on pourrait peut-être éviter les arguments dangereux, voire contradictoires dans la bouche de ceux qui les expriment. Le référendum en France correspond à des règles heureusement très strictes, autrement dit un référendum sur le CPE ou la LEC ne serait pas forcément constitutionnel, et heureusement, sans quoi on est bons pour avoir des référendums sur des tas de sujets démagogiques! Les référendums (art. 11) correspondent à un cadre strict (certes, c'est possible pour des "réformes relatives à la politique économique et sociale de la Nation", mais vu le coté "cavalier" Laughing du CPE dans la LEC, on n'y est pas du tout). De plus, ça m'énerve d'entendre un mouvement au moins majoritairement "de gauche" (L'UNEF est plutôt de gauche, non, même si, je sais, il ne faut pas confondre positionnement syndical et engagement politique?) appeler à un dispositif électoral qui relève d'une tradition qui n'a rien à voir avec la gauche. Certes,c'est dans la Constitution, mais c'est aussi, à mon avis, un argument parfois dangereusement populiste, quand il est utilisé à des fins polémiques. La démocratie directe, référendaire, tourne souvent au plébiscite ou au calcul électoraliste (bon, l'UNEF, c'est fait EDIT: CF post suivant, l'UNEF en tant que telle n'y est pour rien, c'est donc une vile attaque perso…)
— La référence à mai 68 est très complexe: d'une part, les conséquences politiques en sont catastrophiques pour la gauche, entre les législatives de juin 68 (ras de marée gaulliste) et la présidentielle de 69 (plus grande défaite de la gauche, absente au second tour, jusqu'à avril 2002). Certes, entre temps, De Gaulle est tombé, mais son échec au référendum d'avril 69 mérite une analyse très complexe vis-à-vis de mai 68. En revanche, sur le plan social, mai 68 a apporté, sur de nombreux points, de vrais changements dont on peut discuter le bien-fondé (c'est très à la mode de nos jours, notamment chez Luc Ferry et Alain Renaut), mais qui ont quand même bouleversé peu à peu la société française et mis en place, de façon certes au départ paradoxale, l'alternance de mai 81 (bref, le signe politique pour la gauche d'un nouveau mai 68 serait qu'elle risque de revenir au pouvoir en 2019…) Là, fifty-fifty, le débat (du moins en ma présence) n'étant pas allé bien loin.
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Jean-Phi
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Mer 22 Mar - 23:41

Apollodore a écrit:
— L'argument faussement intéressant du référendum. Je veux bien qu'on essaie de mettre le gvt dans la panade (c'est de bonne guerre) mais on pourrait peut-être éviter les arguments dangereux, voire contradictoires dans la bouche de ceux qui les expriment. Le référendum en France correspond à des règles heureusement très strictes, autrement dit un référendum sur le CPE ou la LEC ne serait pas forcément constitutionnel, et heureusement, sans quoi on est bons pour avoir des référendums sur des tas de sujets démagogiques! Les référendums (art. 11) correspondent à un cadre strict (certes, c'est possible pour des "réformes relatives à la politique économique et sociale de la Nation", mais vu le coté "cavalier" Laughing du CPE dans la LEC, on n'y est pas du tout). De plus, ça m'énerve d'entendre un mouvement au moins majoritairement "de gauche" (L'UNEF est plutôt de gauche, non, même si, je sais, il ne faut pas confondre positionnement syndical et engagement politique?) appeler à un dispositif électoral qui relève d'une tradition qui n'a rien à voir avec la gauche. Certes,c'est dans la Constitution, mais c'est aussi, à mon avis, un argument parfois dangereusement populiste, quand il est utilisé à des fins polémiques. La démocratie directe, référendaire, tourne souvent au plébiscite ou au calcul électoraliste (bon, l'UNEF, c'est fait…)


Et non, c'est pas fait pour l'UNEF ! Cet argument, c'est moi qui l'est avancé en mon nom propre, bien que je parlais en tant que militant de l'UNEF, mais d'abord et avant tout en tant que personne propre (je suis pas bien à l'aise encore avec la syndicalisation/fusion). Et je maintiens, à quoi peut bien servir ce dispositif si ce n'est pour trancher sur des questions délicates (et je dis bien délicates, on ne descend pas à 1 million 500 000 dans la rue tous les week-ends) ? Si c'est seulement pour servir de légitimation à un pouvoir en place (cf les référendums sous De Gaulle, Napoléon III...), il est en effet dangereux et inadapté. Par contre, si le dispositif n'est pas d'une tradition de gauche, je ne vois point en quoi cela constitue un problème, les traditions étant faites pour être changées, et cette idée que je lançais ainsi n'avait pas du tout la même fin que la même lancée par De Gaulle ! (je sais pas trop si c'est clair !)
Je conviens néanmoins de concert avec vous qu'il s'agit d'un outil des plus dangereux qui existe, et que je ne l'utilisais que pour illustrer le manque flagrant de dialogue (ou plutot d'écoute), et que si le Premier Ministre ne sait entendre les partenaires sociaux, les députés de gauche ou de droite, les étudiants, retraités, salariés, peut-être saura-t-il entendre ce moyen extrême...
Je suis désolé si j'ai commis une bourde, mais j'écoute, j'apprends, je ne fais que débuter, et je pensais ainsi résumer l'exaspération qui gagne les étudiants que je connais et cotoie au sein du mouvement !

PS: JP ce sont mes initiales aussi, alors gare à la gaffe !

PPS : je réédite pour signaler que mon interv' ne portait pas tellement sur la potentialité d'un référendum, mais sur le fait plutot étonnant que le mot dialogue ne soit intervenu qu'à la fin du processus d'adoption de la loi, mais que le dialogue ne signifie pas forcément l'écoute. Je suis désolé si c'est l'idée lancée du référendum qui a percé !
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Apollodore
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Mer 22 Mar - 23:52

Jean-Phi a écrit:
Apollodore a écrit:
— L'argument faussement intéressant du référendum. Je veux bien qu'on essaie de mettre le gvt dans la panade (c'est de bonne guerre) mais on pourrait peut-être éviter les arguments dangereux, voire contradictoires dans la bouche de ceux qui les expriment. Le référendum en France correspond à des règles heureusement très strictes, autrement dit un référendum sur le CPE ou la LEC ne serait pas forcément constitutionnel, et heureusement, sans quoi on est bons pour avoir des référendums sur des tas de sujets démagogiques! Les référendums (art. 11) correspondent à un cadre strict (certes, c'est possible pour des "réformes relatives à la politique économique et sociale de la Nation", mais vu le coté "cavalier" Laughing du CPE dans la LEC, on n'y est pas du tout). De plus, ça m'énerve d'entendre un mouvement au moins majoritairement "de gauche" (L'UNEF est plutôt de gauche, non, même si, je sais, il ne faut pas confondre positionnement syndical et engagement politique?) appeler à un dispositif électoral qui relève d'une tradition qui n'a rien à voir avec la gauche. Certes,c'est dans la Constitution, mais c'est aussi, à mon avis, un argument parfois dangereusement populiste, quand il est utilisé à des fins polémiques. La démocratie directe, référendaire, tourne souvent au plébiscite ou au calcul électoraliste (bon, l'UNEF, c'est fait…)


Et non, c'est pas fait pour l'UNEF ! Cet argument, c'est moi qui l'est avancé en mon nom propre, bien que je parlais en tant que militant de l'UNEF, mais d'abord et avant tout en tant que personne propre (je suis pas bien à l'aise encore avec la syndicalisation/fusion). Et je maintiens, à quoi peut bien servir ce dispositif si ce n'est pour trancher sur des questions délicates (et je dis bien délicates, on ne descend pas à 1 million 500 000 dans la rue tous les week-ends) ? Si c'est seulement pour servir de légitimation à un pouvoir en place (cf les référendums sous De Gaulle, Napoléon III...), il est en effet dangereux et inadapté. Par contre, si le dispositif n'est pas d'une tradition de gauche, je ne vois point en quoi cela constitue un problème, les traditions étant faites pour être changées, et cette idée que je lançais ainsi n'avait pas du tout la même fin que la même lancée par De Gaulle ! (je sais pas trop si c'est clair !)
Je conviens néanmoins de concert avec vous qu'il s'agit d'un outil des plus dangereux qui existe, et que je ne l'utilisais que pour illustrer le manque flagrant de dialogue (ou plutot d'écoute), et que si le Premier Ministre ne sait entendre les partenaires sociaux, les députés de gauche ou de droite, les étudiants, retraités, salariés, peut-être saura-t-il entendre ce moyen extrême...
Je suis désolé si j'ai commis une bourde, mais j'écoute, j'apprends, je ne fais que débuter, et je pensais ainsi résumer l'exaspération qui gagne les étudiants que je connais et cotoie au sein du mouvement !

PS: JP ce sont mes initiales aussi, alors gare à la gaffe !

Désolé pour l'assimilation à l'UNEF (on s'y perd, entre l'expression perso et le mot d'ordre), et aussi pour les initiales (je vais corriger). Sur le fond, je vous renvoie par exemple au Verbatim d'Attali sur la manière dont F. Mitterrand a joué avec l'idée de référendum pour se débarrasser de l'affaire de l'école libre (et les doutes de Badinter qui n'avait pas compris la ruse, et qui croyait que FM voulait à terme le mettre en situation de se taper un référendum sur la peine de mort…).
Bref, excusez le ton un peu vif, mais je le maintiens: le référendum à la française est un colis piégé, parce qu'il aboutit quasi-inévitablement à un débat de pas très bonne qualité, que comme d'hab, tout le monde répond à coté (comme si la dimension plébiscitaire ne pouvait disparaître depuis Napoléon III). Pour le cas de la LEC, n'oublions pas non plus qu'un référendum prendrait des semaines à organiser, que nous sommes en période pré-électorale, que la loi telle qu'elle est votée n'a pas de réelle unité, qu'on sort d'un référendum particulièrement dur, sur une question déjà pas facile. Bref, quitte à renvoyer les électeurs devant les urnes, si de fait la situation l'exige, vu le nombre des manifestants, je préfèrerais appeler à une Présidentielle ou à des législatives anticipées (ce qui mettrait un sacré bazar et qui ne risque pas d'arriver, vu le précédent de 1997 et le fait que cela profiterait à l'actuel Pdt de l'UMP auquel le chef de l'Etat ne semble pas vraiment vouloir faire de cadeaux).
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Jean-Phi
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Mer 22 Mar - 23:56

Nous sommes donc (presque) d'accord, dommage que nous n'ayons pas pu en parler auparavant, et merci pour les éclaircissements, bien qu'étant en histoire, je suis malheureusement plus familier des nomes égyptiens que de la constitution française !
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Apollodore
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 0:07

Jean-Phi a écrit:
Nous sommes donc (presque) d'accord, dommage que nous n'ayons pas pu en parler auparavant, et merci pour les éclaircissements, bien qu'étant en histoire, je suis malheureusement plus familier des nomes égyptiens que de la constitution française !

Cela dit, je veux pas paraître doctrinaire non plus, systématiquement anti-référendum, mais il suppose une question et un contexte à mon avis très très favorable pour avoir vraiment plus de sens que d'inconvénients (celui de l'an dernier était pas mal, en un sens, même si les défauts étaient aussi visibles).
Par ailleurs, puisque de fait vous étiez là et bien là, il s'est dit quoi, ensuite, dans le débat?
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 0:23

Droit du travail français : 1375 pages
Droit du travail suisse : 34 pages

Maman, pourquoi on se complique la vie en France???
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Taz
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 0:27

Si je suis ton raisonnement, un Droit du travail d'une ligne : "Tu travailleras gratuitement toute ta vie" serait encore mieux puisque tu sembles dire que plus c'est court, mieux c'est.

Je ne connais pas le droit Suisse à mon grand désespoir, mais en France, j'imagine que cette longueur est due à la présence d'exemples très précis, et donc une interprétation un peu aventureuse du droit est bcp + difficile qu'en Suisse, peut-être.

T'inquiètes pas, tu n'auras jamais à le lire. y'a des gens qui le font très bien...

quoique 1375 pages, c'est pas insurmontable. allez, au boulot !
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Jean-Phi
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 0:43

Je n'ai malheuresement pas pris de compte rendu sérieux, mais je vais essayer de redonner ce qui m'a marqué et ce que j'ai pu dire. Vous avez néanmoins loupé un des grands moments de ma vie : quand les jeunes populaires ont expliqué leur conception du monde par une fable de la Fontaine, je vais essayer de la restituer dans les grandes lignes :

Il était une fois la cigale et la fourmi. La cigale a décidé d'aller faire la fête tout l'été aux jeudis du port, pendant que la fourmi épargne et se construit une maison. La cigale, une fois l'hiver arrivé, est jalouse de la fourmi qui est bien au chaud. Elle convoque donc une conférence de presse pour faire montre de son injustice. Les impôts de la fourmi sont augmentés exponentiellement, et alors elle choisit d'émigrer en Angleterre, la cigale s'empare alors des biens de la fourmi, et c'est la fin des figues...

Tonnerre dans l'assistance. J'ai pris la parole sur le coup pour exprimer mon ras-le-bol qu'on prenne les jeunes pour des demeurés, et que nous ne voulions pas d'une société où la rentabilité prend le pas sur le sens ou la vie elle-même (ça fait très kitsch ici), et que si je ne doutais pas de la bonne foi de l'UMP pour aller vers quelque chose de mieux, le CPE constituait plus un recul de la société qu'une avancée.

Beaucoup de réactions sur la fable parmi ceux qui ont pris la parole. Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les ferraillages constants et extrêmement intéressants entre les étudiants de droit anti (dans la salle) et pro (à la tribune) CPE, notamment sur l'affaire du licenciement. Les uns avançant que les patrons n'auraient aucune justification à présenter, les autres jurant que si. A la fin, cela a produit un gloubiboulga assez indigeste, qui m'a poussé à une autre intervention, sur le mode obsessionnel de l'absence de dialogue, qui consistait à me demander pourquoi si la loi était si géniale que le décrivaient mes co-tribunaires (euh..), et dans laquelle il est des choses intéressantes à reconnaitre (comme le CV banalisé par exemple), le premier ministre avait bousculé le calendrier et fait passer le projet à vitesse grand V, alors qu'il aurait pu le faire tranquillement, et utiliser ce temps pour expliquer en détail le fonctionnement des choses, puisque manifestement personne n'avait rien compris à part les gens de l'UMP...

En dehors d'une réponse sur le thème, "il a engagé sa responsabilité, que pouvait-il faire de plus ?", nous avons quand même eu l'aveu que le premier ministre regretait peut-être de ne pas avoir discuté plus avant de faire passer la loi, et qu'il réfléchissait à des aménagements. Un intervenant a tout de suite fait remarquer que Jean-François Coppé (porte-parole du gouvernement) avait déclaré le matin même qu'il n'y aurait ni dénaturation ni aménagement ni suspension du CPE. Rebecca a fait remarquer également que s'il n'y avait pas de problème avec la justification du licenciement, pourquoi l'équipe du premier ministre dit-elle travailler sur une concession à ce sujet ?

Du coté de la tribune, Mélanie (UNEFienne) a fait une interv' des plus lyriques revenant sur toutes les petites failles qu'elle avait pu voir dans les propos des jeunes pop', et Damien a conclu en soulignant qu'il existait une sorte d'union sacrée entre les générations et les milieux sociaux contre le CPE, et que le débat était très enrichissant, mais qu'il regrettait que M. Galouzeau de Villepin ne vienne pas débattre ainsi avec des étudiants, et qu'il espérait que les questionnements d'aujourd'hui feraient leur chemin en interne à l'UMP.

Les jeunes pop ont eu exprimé leur satisfaction d'avoir pu débattre, et ce à l'initiative du mouvement et de l'UNEF, et que nous cherchions tous à faire un monde meilleur, et que pour eux ce monde passait par une politique volontariste dont le CPE fait partie.

Voilà, très approximatif, je compte sur les GCB pour combler un peu... En tous cas, même si le débat était plutot conventionnel, il m'a semblé que beaucoup d'interventions étaient de qualité, et qu'encore une fois, qu'il est sain de débattre !
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Apollodore
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 0:52

Je suis parti au début de la fable, en raison d'obligations que je regrette du coup d'avoir consenties! C'est vrai que le coup de la cigale et de la fourmi est d'autant plus drôle que c'est un contre-sens total sur la fable. N'importe quel prof de Lettres leur montrerait que La Fontaine prend, dans le style, très nettement le parti de la cigale Laughing Laughing
Donc c'est un contre-sens et d'une, simpliste, et de deux! Bien joué!
Sinon, a-t-il été question des débats internes à l'UMP, ou bien l'assistance s'est-elle montrée fair-play, sachant que les Jeunes Populaires ont déjà eu le mérite de descendre dans une cage aux fauves et que certains de leurs arguments "non-littéraires" méritent discussion?
Merci pour ce complément, même s'il me file des regrets…
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ola29
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 0:57

34 pages c'est pas une ligne, ça signifie qu'il est simple et souple, d'ailleurs 3% de chômage... 1375 pages c'est énorme, truffer d'exceptions inutiles. On s'y perd dans 1375 pages! Pour les exemples très précis il existe les conventions collectives.
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Jean-Phi
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 1:02

Pas vraiment, il y a eu plusieurs allusions aux dissenssions internes au sein de l'UMP, mais personne n'y est revenu sérieusement, d'un côté ou de l'autre. Néanmoins, et ça m'a semblé de plus en plus apparent au fur et à mesure du débat, je sais pas si d'autres participants ont ressenti la même chose, il y a un vrai décalage entre le discours du premier ministre et celui des jeunes pop, d'inspiration enttement plus "sarkosiste", dans leur vision du modèle social notamment. Enfin c'est très vague quand même.
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MessageSujet: Re: Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit   Jeu 23 Mar - 1:03

ola29 a écrit:
34 pages c'est pas une ligne, ça signifie qu'il est simple et souple, d'ailleurs 3% de chômage... 1375 pages c'est énorme, truffer d'exceptions inutiles. On s'y perd dans 1375 pages! Pour les exemples très précis il existe les conventions collectives.

C'est un fait que la Suisse n'a pas tout à fait la même histoire sociale que la France, que son tissu industriel n'a rien à voir, que le système économique suisse est fondé sur un système bancaire dont il est inutile de rappeler les grandes lignes. Bref, même si, sans doute, le nôtre contient des dispositions obsolètes (je sais pas, moi, les conditions d'exerice du métier de maréchal-ferrant ou de porteur de chaise percée?) je suppose que vous trouveriez au Lichtenstein un code encore plus réduit…
Cela dit, le débat entre l'efficacité d'une simplification et la nécessité de maintenir un code complexe, moins soumis à l'arbitraire ou aux pressions économiques, demeure ouvert.
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Débat avec l'UMP, mercredi 22 Mars 17 heure amphi 600, droit

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