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Antidote contre le marxisme de bas-étage

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Phédon
Poulet
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MessageSujet: Antidote contre le marxisme de bas-étage   Jeu 30 Mar - 11:12

Depuis quelques jours, alors que l'on sent bien que le mouvement est sur une bonne dynamique, et que nous avons de véritables chances de remporter la bataille, un certain type de discours, que je voudrais dénoncer ici, est en train de se faire de plus en plus entendre.
Dans ce discours il est question:
1) de l'usage justifié de la violence en politique
2) de la stigmatisation de ceux qui (je cite) « ont le luxe de pouvoir penser »
3) De la manipulation des médias et de « l'establishment » contre notre mouvement.
4) et enfin, pire que tout, un discours qui s'arroge le droit de dire des absurdités et de se justifier au nom de la misère du monde et des opprimés du monde entier.

Tout d'abord, il faut se rendre compte que violence – comprise comme une attaque physique sur ses adversaires – et politique sont des alternatives opposés. Lorsque l'on en vient à la violence on a renoncé à faire de la politique, c'est à dire à convaincre dans un cadre accepté par tous les protagonistes. En utilisant la violence, on rompt avec le contrat démocratique qui est la condition sine qua non à tous dialogue (qu'il soit amical ou non); c'est-à-dire la sécurité de pouvoir émettre son opinion sans craindre de se faire tuer ou violenter. L'espace politique a justement été créé par les hommes pour que les conflits et les luttes passent par des mots, des arguments et non plus par la force pure et simple. Utiliser la violence, c'est avoir enclenché un processus révolutionnaire.
La violence de convainc pas, elle s'impose, elle est muette et sourde. Il n'y a même plus besoin d'homme derrière la violence, elle est anonyme. Rien n'oppresse plus que la violence (d'où le paradoxe de l'employer contre l'oppression). Elle est toujours le recours non des faibles comme on peut l'entendre, mais de la minorité qui veut s'imposer. Et les première victimes d'une entreprise violente sont toujours les plus démunis matériellement car ils ne peuvent ni fuir, ni se défendre.
Utiliser la violence c'est vouloir imposer aux autres ce que nous nous pensons, c'est décider d'être l'oppresseur de demain au nom des opprimés d'aujourd'hui. Toute l'histoire du Xxème siècle nous montre qu'une prise de pouvoir par la violence se poursuit immanquablement par l'utilisation de la violence contre l'opposition quelle qu'elle soit. (la répression meurtrière des soviets de konhrad par Trotsky est un exemple – parmi tant d'autres).

Deuxièmement, sur la question du complots et de l'impossibilité de faire confiance à ceux qui nous informent et des manières soi-disant officielles de connaître la réalité. C'est encore, dans des termes douteux, une manière de soulever une difficulté réelle en politique qui est de connaître la vérité sur ce qui se passe, du fait évident que nous ne sommes pas omniscients. Cependant, ce qui est choquant dans la manière où cela est présenté est le raisonnement suivant lequel « on » nous mentirait sciemment. Autrement dit, ce « on » (dont il est bien impossible de déterminer qui il peut bien être) comploterai contre « nous » (qui est un groupe tout aussi peu identifiable). En fait, ce « nous » est toujours un « moi » hyperbolique, et ce « on » un « autre » (tout aussi hyperbolique); un « autre » au vrai sens du terme: c'est-à-dire un truc que l'on ne peut « identifier », un truc diffus, incompréhensible et indiscernable, bref quelque chose qui est à la fois nulle part et dont on pressent qu'il est partout. C'est, pour dire les choses franchement, ce que certains ont regroupé sous « les juifs » et d'autres sous « les bourgeois », ces deux étiquettes se trouvant d'ailleurs souvent amalgamées.
Si toutefois, les personnes qui tiennent les discours que je dénonce prétendent que c'est l'Etat lui même qui censurerait les médias et que nous serions en fait sous le contrôle de la propagande officielle, ce serait un manque très clair de lucidité sur ce qu'un régime autoritaire voir totalitaire est véritablement. Ce manque de lucidité ne serait d'ailleurs pas étonnant du fait de la proximité évidente qu'entretient ce genre de discours avec ceux (pour le coup officiel) des régimes véritablement totalitaires.

Troisièmement, prétendre que les étudiants « bourgeois » (et si ce mot n'est pas encore sorti, il est plus que sous-entendu) n'ont pas le droit de cité du fait du privilège qu'ils ont (et qui n'est, dit-on, qu'un simple luxe) de penser, est un raisonnement scandaleux. Il est scandaleux parce qu'il prétend que penser (qui est autre chose que l'érudition) est le fait de ceux qui ont fait des études. Il est scandaleux aussi, et surtout, parce qu'il prétend que penser est un luxe, un truc que l'on fait pour occuper son temps libre. Or réfléchir est tout sauf un luxe ; c'est le minimum que l'on peut demander à un citoyen digne de ce nom.
Prétendre que certains n'ont pas la possibilité de s'exprimer, qu'ils n'ont pas les outils indispensables à la réflexion politique est peut-être juste (quoique devant être nuancé) et c'est tragique. C'est justement quelque chose qui demande à être un peu pensé et qui ne permet pas de tirer cette absurde conséquence qu'il faudrait au contraire abolir la pensée, histoire de mettre tout le monde au même plan : enfin à égalité. Il y a une autre manière à peine plus choquante de mettre tout le monde à égalité, c'est de tous nous tuer.
(c'est la « révolution culturelle » de Mao ou celle de kmers rouges qui illustrent concrètement cette haine des intellectuels ou plus généralement de ceux qui s'intéressent aux disciplines de l'esprit)

Enfin, je crois qu'il n'y a rien de pire et de plus malsain que de parler au nom « des opprimés du monde entier » - tout en en stigmatisant par un discours bien-pensant les « privilégiés » - et de prétendre prendre part à la lutte des classes alors que nous même ne la subissons pas. Qui peut bien s'ériger en digne représentants de ces « opprimés »? Et d'ailleurs, qui sont ces « opprimés », et qui sont ces « privilégiés »? Si l'on se pose véritablement la question il est très probable que nous ne tombions pas dans des discours aussi caricaturaux que: salariés/patrons, travail/capital, nord/sud etc...
Ce discours qui vise à éveiller une « mauvaise conscience » d'être un « bourgeois » (et donc de ne pas être légitime à penser ou à affirmer certaines valeurs du fait que nous serions pétris par l'idéologie dominante) est d'une mauvaise foi extraordinaire:
- il nous place d'emblée comme ceux qui seraient au dessus « des pauvres gens » (cf, V. Hugo). C'est là une vision condescendante de ces gens au nom de qui ils faudrait se battre, mais qui eux-mêmes ne seraient pas capables de s'exprimer. La première chose à faire me semble-t-il serait de se considérer au contraire comme égaux, c'est à dire comme ayant a priori tous la même légitimité à donner son opinion.
- C'est un raisonnement qui nous pousse à rejeter nos propres valeurs, à se renier soi-même, a ne pas assumer sa propre pensée (car ce seraient là les valeurs et la pensée de « l'idéologie bourgeoise »). C'est à la fois un réflexe lâche et la meilleure façon de tolérer l'intolérable. Car, si nos valeurs – celles qui décident de ce qui est ou non acceptable – sont disqualifiées d'emblée, qu'est-ce qui joue ensuite le rôle d'arbitre?
Que « ceux » qui s'estiment « privilégiés » se taisent si vraiment ils ne peuvent supporter la mauvaise conscience d'être privilégiés, où alors qu'il réfléchissent et parlent en leurs propres noms, ce qui sera bien assez.
(C'est Robespierre qui illustrerait mieux que quiconque cette attitude liée à la mauvaise conscience d'être bourgeois)

Alors, j'espère que la prochaine fois on évitera s'applaudir en AG des discours de ce genre. Il est tout de même navrant de devoir, alors que l'histoire du 20ème devrait nous pousser à ne serait-ce qu'un peu de sagesse, repenser des évidences pareilles.
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alcibiade
Posteur débutant



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MessageSujet: Re: Antidote contre le marxisme de bas-étage   Jeu 30 Mar - 12:22

Ravi de voir quelle solidarité unit les personnages des dialogues... Je trouve cet antidote particulièrement salutaire dans le climat de tension actuel: tourner nos apparentes évidences et nos réponses en questions. S'il est vrai que penser est un droit, comme se plaisent d'ailleurs (paradoxalement) à le rappeler aussi les auteurs de ces discours dont tu dénonces la bêtise, ça devrait être pour certains excités un devoir... Sûr que le mouvement aurait plus de crédit. [/b]
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Mi Estas Absolute Unu
Posteur débutant



Inscrit le : 14 Mar 2006
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MessageSujet: Re: Antidote contre le marxisme de bas-étage   Jeu 30 Mar - 17:08

D'accord.
On est plus proches en idées qu'on le croit.
_________________
Mouvement Étudiant Anti-Utilitariste :
http://meau.blogsome.com/
CPE - Pour aller plus loin :
http://infokiosques.net/spip.php?article=332
http://www.les-renseignements-genereux.org/textes.php?themeId=152
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Phédon
Poulet
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MessageSujet: Re: Antidote contre le marxisme de bas-étage   Jeu 30 Mar - 17:24

Mi Estas Absolute Unu a écrit:
D'accord.
On est plus proches en idées qu'on le croit.


Je suis content d'avoir pû ralier à ma cause. Peut-être que ce conscensus n'est pas aussi fondamentale que certaines de nos différences de conceptions ne l'étaient, mais qu'importe, l'essentiel c'est d'être d'accord n'est-ce pas?
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Maksime
Nouveau posteur



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MessageSujet: Re: Antidote contre le marxisme de bas-étage   Lun 3 Avr - 22:09

Phédon a écrit:
Deuxièmement, sur la question du complots et de l'impossibilité de faire confiance à ceux qui nous informent et des manières soi-disant officielles de connaître la réalité. C'est encore, dans des termes douteux, une manière de soulever une difficulté réelle en politique qui est de connaître la vérité sur ce qui se passe, du fait évident que nous ne sommes pas omniscients. Cependant, ce qui est choquant dans la manière où cela est présenté est le raisonnement suivant lequel « on » nous mentirait sciemment. Autrement dit, ce « on » (dont il est bien impossible de déterminer qui il peut bien être) comploterai contre « nous » (qui est un groupe tout aussi peu identifiable). En fait, ce « nous » est toujours un « moi » hyperbolique, et ce « on » un « autre » (tout aussi hyperbolique); un « autre » au vrai sens du terme: c'est-à-dire un truc que l'on ne peut « identifier », un truc diffus, incompréhensible et indiscernable, bref quelque chose qui est à la fois nulle part et dont on pressent qu'il est partout. C'est, pour dire les choses franchement, ce que certains ont regroupé sous « les juifs » et d'autres sous « les bourgeois », ces deux étiquettes se trouvant d'ailleurs souvent amalgamées.
Si toutefois, les personnes qui tiennent les discours que je dénonce prétendent que c'est l'Etat lui même qui censurerait les médias et que nous serions en fait sous le contrôle de la propagande officielle, ce serait un manque très clair de lucidité sur ce qu'un régime autoritaire voir totalitaire est véritablement. Ce manque de lucidité ne serait d'ailleurs pas étonnant du fait de la proximité évidente qu'entretient ce genre de discours avec ceux (pour le coup officiel) des régimes véritablement totalitaires.


Il ne sagit pas d'un complot international, il sagit du fait que beaucoup d'affaires concernent nos hommes politiques, que du fait qu'ils doivent se faire réélire, du fait que nos hommes politiques sont majoritairement vieux et ne comprennent pas forcément nos attentes et ne vivent pas à notre place.
On parlera également des promesses les plus mises en avant qui ne sont jamais tenues.
Et puis nous savons tous que l'UMP ne va pas chercher son électorat chez les jeunes, j'ai un peu du mal à croire qu'ils veuillent nous faire un cadeau en en faisant un aux employeurs... sans rentrer dans une lutte des classes.
Je m'intéresse à la politique depuis tout petit, et aujourd'hui je ne crois plus en ces hommes qui n'ont de conviction que l'élection...
si j'avais un amendement à la constitution ce serait le suivant : "que nos élus soient sous serment durant leur mandat", car là le doute est vraiment possible que ce soit pour la droite mais aussi la gauche !
personnelement, deux hommes politiques m'inspirent confiance : besancenot, et jean louis debré. pourtant je ne voterais jamais pour aucun des deux Razz
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Phédon
Poulet
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MessageSujet: Re: Antidote contre le marxisme de bas-étage   Mer 5 Avr - 17:40

Maksime a écrit:
Phédon a écrit:
Deuxièmement, sur la question du complots et de l'impossibilité de faire confiance à ceux qui nous informent et des manières soi-disant officielles de connaître la réalité. C'est encore, dans des termes douteux, une manière de soulever une difficulté réelle en politique qui est de connaître la vérité sur ce qui se passe, du fait évident que nous ne sommes pas omniscients. Cependant, ce qui est choquant dans la manière où cela est présenté est le raisonnement suivant lequel « on » nous mentirait sciemment. Autrement dit, ce « on » (dont il est bien impossible de déterminer qui il peut bien être) comploterai contre « nous » (qui est un groupe tout aussi peu identifiable). En fait, ce « nous » est toujours un « moi » hyperbolique, et ce « on » un « autre » (tout aussi hyperbolique); un « autre » au vrai sens du terme: c'est-à-dire un truc que l'on ne peut « identifier », un truc diffus, incompréhensible et indiscernable, bref quelque chose qui est à la fois nulle part et dont on pressent qu'il est partout. C'est, pour dire les choses franchement, ce que certains ont regroupé sous « les juifs » et d'autres sous « les bourgeois », ces deux étiquettes se trouvant d'ailleurs souvent amalgamées.
Si toutefois, les personnes qui tiennent les discours que je dénonce prétendent que c'est l'Etat lui même qui censurerait les médias et que nous serions en fait sous le contrôle de la propagande officielle, ce serait un manque très clair de lucidité sur ce qu'un régime autoritaire voir totalitaire est véritablement. Ce manque de lucidité ne serait d'ailleurs pas étonnant du fait de la proximité évidente qu'entretient ce genre de discours avec ceux (pour le coup officiel) des régimes véritablement totalitaires.


Il ne sagit pas d'un complot international, il sagit du fait que beaucoup d'affaires concernent nos hommes politiques, que du fait qu'ils doivent se faire réélire, du fait que nos hommes politiques sont majoritairement vieux et ne comprennent pas forcément nos attentes et ne vivent pas à notre place.
On parlera également des promesses les plus mises en avant qui ne sont jamais tenues.
Et puis nous savons tous que l'UMP ne va pas chercher son électorat chez les jeunes, j'ai un peu du mal à croire qu'ils veuillent nous faire un cadeau en en faisant un aux employeurs... sans rentrer dans une lutte des classes.
Je m'intéresse à la politique depuis tout petit, et aujourd'hui je ne crois plus en ces hommes qui n'ont de conviction que l'élection...
si j'avais un amendement à la constitution ce serait le suivant : "que nos élus soient sous serment durant leur mandat", car là le doute est vraiment possible que ce soit pour la droite mais aussi la gauche !
personnelement, deux hommes politiques m'inspirent confiance : besancenot, et jean louis debré. pourtant je ne voterais jamais pour aucun des deux Razz


Ce que je dénonçais était l'utilisation du concept de "complot" dans les discours de certains en assemblée générale notemment. Quand à la soif de pouvoir de nos hommes politiques c'est un autre problème. Il est évident que l'on devient pas "Président de la République" avec la volonté de faire le "bien", mais bien plutôt par goût du pouvoir. Ceci dit, avoir le goût du pouvoir n'empêche pas d'agir dans le sens que nous concidérons comme le meilleurs, car un chef d'Etat ne gouverne pas seul et selon son bon vouloir ; il doit au contraire faire attention à ne pas trop s'éloigner de ce qu'il a promis et de ce qui est accépté par un nombre suffisant de citoyens. Car le pouvoir repose sur le soutient du nombre et non sur le simple titre de "Président de la république" par exemple.
Ainsi, il ne faut pas avoir une confiance aveugle en nos représentants politiques (nous ne leur signons pas un chèque en blancs et il nous faut donc être toujours vigilant quant aux orientations qu'ils prennent) il ne faut pas non plus croire qu'ils n'ont qu'une seul volonté: nous tromper (car pour avoir du pouvoir mieux vaut avoir le soutient et la confiance de ses citoyens que l'inverse).
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