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Débat avec Mr Gallou ?

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AuteurMessage
Chloé
Bourrin!!!



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MessageSujet: Débat avec Mr Gallou ?   Mer 8 Mar - 21:17

Seait-il possible d'avoir une idée de ce qui s'y est dit ?
J'aurais bien aimer y etre mais on avait un conseil de fac...
_________________
Cours de l'UE libre Connaissance du Système Universitaire sur le conseil d'UFR le jeudi 27 Novembre de 16h à 18h. Auditeurs libres bienvenus
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Apollodore
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MessageSujet: Re: Débat avec Mr Gallou ?   Jeu 9 Mar - 1:28

Chloé a écrit:
Seait-il possible d'avoir une idée de ce qui s'y est dit ?
J'aurais bien aimer y etre mais on avait un conseil de fac...

Ultimatum: comme je lme précise dans un autre post, je préfèrerais largement que ce soit un autre que moi qui ponde un compte-rendu, sans quoi vous auriez surtout mon "canevas" de départ et pour le reste, ce que j'ai pu retenir de ce qui s'est dit quand je jouais les animateurs, sans pouvoir prendre de notes. Vaut donc mieux un CR fait par un participant. Cela dit, s'il n'y a rien pour demain soir, je vous promets (ou vous menace…) de vous mettre un CR perso…
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Apollodore
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MessageSujet: Re: Débat avec Mr Gallou ?   Jeu 9 Mar - 14:24

Bon, comme apparemment personne veut s'y coller, vous trouver si-dessous la partie 1 du CR, à savoir mon propos introductif (désolé pour la longueur, mais je suis bavard comme tous les profs…). Pour la partie 2 (débat), ce serait bien que quelqu'un d'autre s'en charge Exclamation mais s'il y a personne, je m'y mettrai.
NB: j'ai tapé ça à toute vitesse, donc dsl s'il y a des fautes… de frappe…
CR « Démocraties majoritaires… minoritaires… totalitaires ?) (organisé par M. Gallou)
Affluence : une bonne vingtaine de personnes, dont plusieurs enseignants. Apparemment, parmi les étudiants se trouvaient aussi bien des personnes favorables et défavorables au blocus.

NB : Si j’ai voulu organisé ce débat, c’est bien sûr aussi, mais pas seulement en rapport avec le courrier adressé par F. Bouthillon au Télégramme. Je tiens à préciser solennellement que même si je suis loin de partager son analyse du mouvement en cours, j’ai une grande estime pour les travaux de F. Bouthillon : en particulier, il faut lui reconnaître le droit de pointer du doigt une dérive possible des mouvements comme celui de Segalen, sachant que le totalitarisme est, aussi bien historiquement que conceptuellement, une dérive d’un système démocratique ou à prétention démocratique (l’Allemagne de Weimar, la Russie de février 1917, par exemple).
C’est à partir de ce danger d’une dérive totalitaire (danger que je crois écarté à Ségalen, du fait de la conscience politique et de la sérénité louable dont fait preuve le mouvement) que je voulais réfléchir avec les personnes présentes à un certain nombre de notions importantes dans le cadre d’un mouvement revendicatif : ces notions sont les suivantes : majorité, minorité, représentation, légitimité, efficacité…
Contrairement à d’autres systèmes politiques, une démocratie est toujours extrêmement complexe dans ses institutions comme dans son fonctionnement. Je suis d’ailleurs frappé d’entendre en AG des propos plus théoriques, plus systématiques qu’il ne faudrait, que ce soit d’ailleurs en faveur ou en défaveur du mouvement. La démocratie est fondée, du moins dans nos grands États sur un certain nombre de principes, mais aussi et peut-être surtout sur des situations concrètes qui permettent ou empêchent un équilibre des pouvoirs qui est une condition sine qua non au maintien du caractère démocratique d’un régime ou d’un mouvement, qui sans cela, tomberait rapidement dans une tyrannie du plus grand nombre, étape première du basculement dans le totalitarisme.
La démocratie, en effet, repose sur un principe majoritaire, cela va de soi : les décisions qu’on y prend sont prises à la majorité des suffrages exprimés. De fait, un gouvernement démocratique (ou un mouvement démocratique) est à la fois majoritaire (puisqu’il a su rassembler une majorité de suffrages) et minoritaires, puisque l’ensemble des citoyens d’un État, ou de la population concernée par un mouvement, ne participe pas au vote. Sauf cas exceptionnel (exemple de 2002), le pouvoir repose sur une minorité de citoyens (cas des votes à 51/49, abstentionnisme croissant) qui pourtant, sont majoritaires dans les urnes. Un pouvoir, ou un mouvement, quel qu’il soit, puisqu’il est lui-même minoritaire, doit tenir compte des deux autres composantes de l’univers démocratique : 1° la minorité des citoyens ayant participé au vote et 2° la minorité (ou majorité) de citoyens qui n’y ont pas pris part. C’est à la seule condition d’avoir égard à ces minorités qu’un pouvoir ou un mouvement peut se considérer comme réellement démocratique : c’est cela qu’on appelle la prise en compte de l’intérêt général. Si au contraire, il profite du seul résultat des urnes pour imposer ses vues, sans nuances ni débat, à ces minorités, le système n’est pas démocratique, mais constitue une tyrannie du plus grand nombre, sachant que celui-ci ne bénéficie, en fait, que de l’abstentionnisme…
Ce genre de structure complexe se retrouve au niveau du système représentatif. J’ai entendu dans les AG des étudiants prétendre que comme la majorité parlementaire avait été régulièrement élue pour un mandat courant jusqu’en 2007, il était illégal de s’opposer à ses vues. Ce légalisme n’a que l’apparence du raisonnement démocratique. En effet, le système représentatif (inévitable dans nos grans États, sachant qu’une démocratie directe à 40 millions de votants serait absolument catastrophique) repose sur des nécessités pratiques, comme par exemple la nécessité d’une efficacité et d’une rapidité des décisions politiques : c’est pourquoi on élit pour une période assez longue des représentants du peuple. Mais la légitimité de ceux-ci s’inscrit dans une problématique temporelle, sachant que la durée du mandat a quelque chose d’arbitraire, de conventionnel, ou de tout simplement pragmatique. Par ailleurs, les élus le sont à la fois sur leur personnalité et sur un programme que les électeurs doivent soutenir ou rejeter « en bloc » (il est très rare qu’on soit d’accord avec TOUS les projets que celui pour lequel on vote se propose de mettre en chantier). Bref, la légitimité réelle de nos représentants ne repose pas seulement sur la régularité du vote qui a décidé de la majorité. Ici aussi, la majorité doit être attentive au sentiment diffus de ce qu’entre les élections, on appelle « l’opinion publique » et ainsi, même si bien sûr, ce n’est pas la rue qui gouverne, ni les sondages, un gouvernement doit se montrer attentif à toute manifestation (importante) de mécontentement vis-à-vis de tel ou tel projet de loi. Etre attentif ne veut pas dire céder à la première manifestation, mais réfléchir en permanence aux raisons qui poussent telle ou telle importante catégorie de personnes à afficher leur refus de la loi en question.
Ici, bien sûr, il y a une difficulté, puisque tout mouvement de refus d’une loi est, de fait, minoritaire (méfions-nous des sondages…) et qu’on ne verra sans doute jamais 25 millions de Français défiler dans les rues… Bref, tout mouvement de protestation est lui-même minoritaire dans le pays, même s’il peut être majoritaire sur son terrain. D’où la difficile question de la légitimité d’un mouvement revendicatif : la condition de la légitimité ici peut s’énoncer facilement, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit facile à appliquer. En termes clairs : un mouvement est légitime s’il vise l’intérêt général et pas seulement ses intérêts catégoriels (ce qu’on appelle le « corporatisme »), car dans ce dernier cas, une catégorie de personnes cherche seulement à profiter de sa position de force, de sa capacité de nuisance, pour imposer à ses concitoyens une mesure ou l’abandon d’une mesure, en vue de ses seuls intérêts. Si c’est le cas, le mouvement est illégitime du point de vue démocratique. Une condition annexe (remplie ici) tient au fait que l’opinion publique semble sinon favorable, du moins partagée sur l’intérêt du projet de loi.
Alors, dans les faits, comment dire si un mouvement est démocratique, et donc légitime ? A la condition que dans son organisation, il respecte lui-même les préceptes définis plus haut, à savoir le souci de ne pas imposer la seule « loi du plus nombreux », mais cherche à convaincre, ou en tout cas, à ménager ses propres minorités (selon la définition de celles-ci donnée plus haut). Bien sûr, cela n’est jamais facile, surtout quand on se retrouve dans une logique binaire, du « tout ou rien ». Entre une majorité qui veut un blocus total, et une minorité (pas négligeable en nombre) qui veut l’abandon pur et simple du blocus (le tout avec à peu près 80% d’abstentionnistes…), je ne puis à moi seul (et d’ailleurs ce n’est pas mon rôle) imaginer comment peut s’installer une discussion vraiment démocratique entre les pour et les contre.
Si ces différentes conditions sont remplies, on se retrouve avec un gouvernement légitime et un mouvement protestataire qui l’est lui aussi, si bien qu’il n’y a pas ici de solution systématique, « logique », mais que c’est précisément la vie de la démocratie que de voir discuter l’une avec l’autre ces deux instances légitimes, de même que c’est le signe d’un mouvement démocratique en bonne santé que de le voir inscrit dans un dialogue entre majoritaire et minoritaire, ce qui implique ici le droit pour chacun de s’exprimer, de faire valoir son point de vue dans le cadre défini pour cela (ce qu’on appelle alors une AG…). C’est pourquoi je déplore, de part et d’autre, un systématisme trop marqué dans les prises de position, comme si le seul enjeu était de « gagner » dans un vote, la position majoritaire écrasant la position minoritaire (pour le moment, les pro blocus écrasant les anti, ces derniers n’ayant parfois comme seul espoir que celui d’écraser les pro, de devenir majoritaire afin d’ignorer la minorité « bloqueuse », ce qui constitue un danger grave pour les uns comme pour les autres : si le blocus sort renforcé des consultations, les anti auront tout perdu ; si au contraire les anti-blocus l’emportent, les pro n’auront plus que leurs yeux pour pleurer…). Et je ne parle pas des risques d’affrontements violents…
NB: c'est juste mon point de vue, hein, c'est pas la Bible…Vous pouvez ne pas etre d'accord!!!…
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